25 novembre 2009
Normanring
Vous êtes Normands et fier de l'être ainsi que de votre patrimoine .Pourquoi pas le notre, ceux des bretons Corse et autres sont reconnus, alors, nous avons une langue et non pas un patoi,une cuisine, des arts , qui valent bien les autres. Notre région est très belles , riches en histoires, architectures diverses. Beaucoup de grand hommes : poètes, peintres, musiciens, cuisiniers etc...
Vous désirez comme moi la réunification de la Normandie. Pour vous pausez des questions pour les partagés avec d'autres, en discuter
Unissons nous pour être reconnus et unifier.
Un site: http://normanring.jimdo.comnormanring.jimdo.com/
un forum: http://normanring.forum-actif.netnormanring.forum-actif.net/forum.htm
Vive la Normandie réunifiée.
18 novembre 2009
Bernay
La fondation
Le Moyen-Âge
Au cours du XIe siècle, Judith, l'épouse de Richard II, décide de construire une abbaye à Bernay. Ce monument est toujours visible en centre-ville. C'est un des plus beau de ce type que l'on peut voir en Normandie. Jusqu'au XIVe siècle, la ville se développera, devenant un carrefour commercial important.
Les deux siècles suivant seront terribles. Les épidémies de peste noire alternent avec les famines. Mais il ne suffit pas que les calamités naturelles ravagent le village. La guerre de Cent Ans fait rage, et Bernay est tout à tour prise par les Anglais et le royaume de France, entraînant destructions et morts.
Les XVe et XVIe siècles sont plus cléments et la ville retrouve sa prospérité. Ateliers de cordonnerie et fabriques de draps se multiplient. Bernay devient alors la ville la plus importante du département. La fin du XVIe siècle est plus tourmentée, avec les guerres de religion qui entraîneront la démolition de nombreuses églises et chapelles. Une nouvelle épidémie de peste suivra...
La période moderne
Si les années suivantes sont relativement calmes, Bernay perdra sa prépondérance au profit d'Évreux. C'est cette dernière qui devient en 1792 la préfecture du nouveau département de l'Eure. La vie suit alors son cours paisible jusqu'à la Première Guerre mondiale qui coûtera la vie à plus de 300 habitants de la ville. La Seconde Guerre mondiale sera moins meurtrière pour Bernay, qui échappera également en grande partie aux destructions.
La ville continuera à se développer sur un rythme paisible jusqu'à nos jours.

Église abbatiale de Notre-Dame de Bernay
Elle fut fondée par Judith, femme de Richard II du duc de Normandie au XIe siècle.
Histoire
Lors de son mariage avec Richard II duc de Normandie, Judith, fille du duc de Bretagne, reçoit en cadeau un douaire qui comporte entre autres les terres de Bernay. Elle décide de consacrer Bernay à la fondation d'un monastère dédié à Notre-Dame.
La construction débute en 1010 mais Judith meurt en 1017 les travaux étant inachevés. En 1025 son mari Richard II décide de reprendre la construction et confie le chantier à l'abbé Guillaume de Volpiano, architecte italien ancien moine de Cluny, renommé notamment pour avoir participé à l'achèvement des monastères à Fécamp, à Jumièges, ou encore, Troarn. Il meurt en 1031.
Pendant quelques temps Bernay n'a pas d'abbé propre mais dépend de gardiens. C'est en 1061 qu'apparaît Vital, premier abbé dont les textes font mention. Il reste jusqu'en 1076, date à laquelle Guillaume le Conquérant le place à la tête de Westminster. Ensuite l'histoire de Bernay est mal connue. On sait qu'en 1249, un grave incendie ravage une partie du bâtiment. Au XVe siècle, on remanie le bas-côté Nord de la nef et l'abside de l'abbatiale. En 1563, l'amiral de Coligny saccage l'abbaye et pille les trésors et les archives. En 1628, Bernay est prise en main par les mauristes qui y commencent de vaste travaux. À cette occasion, les deux travées les plus occidentales de l'église et les deux absidioles du chevet furent rasées. En 1790 l'abbaye est supprimée et fut affectée à divers usages municipaux. Le bras nord du transept disparaît en 1810 et l'abside est détruite en 1827. Au XIXe siècle, la tour centrale est supprimée. L'édifice est restauré en 1978, ce qui permet de comprendre l'importance qu'elle a eu au XIe siècle.
Abside Description
Plan
L'église possède un plan en croix latine.
La façade Ouest de l'édifice est droite et était simplement pourvue de contreforts plats. Au XVe siècle, les moines la détruisirent et amputèrent la nef des 2 travées les plus occidentales. La nef se comprenait 1 vaisseau principal et 2 collatéraux le tout divisé en 7 travées. A l'origine elle était charpentée. Les deux 1ère travées comportaient des voutes d'arêtes. Le collatéral Nord a été complètement repris au XVe siècle, les travées ont reçut des voutes sur croisées d'ogives avec nervures à pénétration et clefs pendantes. Le collatéral Sud est divisé en travées carrées par doubleau. Sur chaque travée a été établie une petite coupole très plate que les spécialistes font remonter au maximum au XVIIe siècle siècle. Elle a peut être remplacée une croisée d'arête. La croisée du transept supportait autrefois une tour centrale carrée qui a disparu au début du XIXe siècle. Elle est constituée par 4 arcs plein cintre. Le transept est saillant. Les 2 bras comportaient chacun une absidiole orientée peu profonde. Seul le bras Sud est resté intact alors que le bras Nord a été détruit en 1810. Le chevet est organisé selon la tradition bénédictine classique. On a donc un chevet échelonné à 3 chapelles précédées d'une travée droite aussi large que la nef. L'abside principale en cul de four est dans l'alignement du vaisseau principal. Elle est plus profonde que les 2 petites chapelles qui l'encadrent. Les bas-côtés du chevet étaient voutés d'arêtes sur plan carré. Selon les plans anciens, les 2 collatéraux du chœur se terminaient par un chevet plat et l'on dit que l'abside du vaisseau principal était à 5 pans depuis le XVe siècle.
Nef intérieure côté Sud
L'église est construite en appareil mixte. Les 5 travées sont toutes identiques.
La nef comporte 3 niveaux d'élévation :
1er niveau: une grande arcade plein cintre qui repose sur une pile presque carrée à laquelle viennent se coller des colonnes engagées qui supportent un arc doubleau pour soutenir la voute des bas-côtés. A l'intérieur de l'arcade, il y a une demie colonne engagée qui repose sur un mince dosseret sur lequel repose un arc en tore assez épais qui est une moulure ronde, semi-cylindrique. Tous les chapiteaux des colonnes sont sculptés. Les bases de ces colonnes sont moulurées simplement.
2ème niveau: alternance de baies géminées plein cintre et d'arcades aveugles peu profondes qui brisent l'unité des surfaces. Les baies géminées sont séparées par une colonnette surmontée d'un chapiteau évasé et se trouvent dans l'alignement des grandes arcades.
Cette alternance traduit une certaine phase expérimentale sur le traitement structurel et plastique des murs. Les baies géminées donnent sur des combles dans lesquels on accède par les escaliers situés dans les croisillons du transept. Cela forme une galerie ou tribune au dessus du collatéral. Le mur est donc composé de 2 épaisseurs: c'est un effet de composition pour alléger la structure générale.
3ème niveau: fenêtre haute dans l'alignement des baies géminées et grandes arcades ce qui permet un éclairage direct de la nef.
L'ouverture de ces fenêtres hautes était possible car la nef était charpentée. Il n'y avait donc pas trop de risque pour la solidité du mur.
Cette élévation typique est appelée Mur épais normand
On remarque qu'il existe une certaine correspondance entre ces trois niveaux: l'alignement grande arcade, baie géminée et fenêtre haute ainsi que celui des piles composées et des fausses fenêtres introduit un certain rythme dans l'élévation. Cela souligne la continuité des volume et une recherche esthétique.
Derrière les grandes arcades du rez de chaussé, on distingue le collatéral Sud: il est divisé en travées par des doubleaux de section carrée retombant sur des pilastres adossés aux piles de la nef. Sur chaque travée a été établie une petite coupole sur pendentif très plate appareillée en moellons de dimension réduite qui date au moins du XVIIème siècle. Des baies ont été percées dans les murs pour assurer un éclairage. Au dessus des voutes des collatéraux s'ouvrent les baies géminées renforcées du côté des combles par de puissants arcs de décharge destinés à raidir les murs gouttereaux dépourvus de contreforts.
Transept, mur Ouest
La croisée du transept est formée de 4 gros piliers. Ces massifs cruciformes supportaient la tour. Le pilier cruciforme est caractéristique de l'art roman. Le croisillons Sud est délimité par un immense arc outre passé qui repose sur un colonne engagée avec chapiteaux sculptés. Le coté occidental du croisillon communique avec le collatéral Sud par une arcade en plein cintre à l'intérieur duquel sont inscrits 2 pilastres supportant un arc en tore. A côté se trouve une arcade plein cintre aveugle qui est percée d'une baie ébrasée qui éclaire directement le croisillon. Cette arcade repose sur des colonnes presque monolithes. Le mur oriental est percé de 3 fenêtres romanes en plein cintre simple sans mouluration qui donnent sur la galerie. La galerie est éclairée directement par des baies. Cette galerie assure donc la circulation dans les parties hautes de l'édifice. Ce passage n'est pas dissimulé et fait partie de l'élévation intérieure.
Toute cette partie est réalisée en grand appareil.
Sculpture
La sculpture apparaît principalement dans l'abbatiale sur les chapiteaux et les bases de certaines colonnes engagées.
Pendant la 1ère moitié du XIe siècle, 3 ateliers d'une grande diversité se répartissent les décors sculptés
Le 1er atelier a décoré les parties basses du chœur et une partie du transept Sud en développant les formes tronconiques à tablettes: volume triangulaire du chapiteau surmonté d'un bandeau de pierre lisse.
Les thèmes sculptés:
Masques humains en tête de feuille
Grand oiseaux
Chapiteau signé de son auteur Isembard. Il témoigne d'une influence arabe ou byzantine de par la disposition des animaux répartis symétriquement par rapport à l'arbre de vie.
Le 2ème atelier a sculpté les bases et les chapiteaux des parties hautes du cœur ainsi que quelques chapiteaux du transept. Cet atelier a privilégié les motifs géométriques et les entrelacs
Les sources d'inspirations seraient méridionales mais rappellent l'art celte qui a imprégné la Normandie.
Le 3ème atelier a effectué des chapiteaux antiquisant d'inspiration corinthienne.
On remarque qu'il y a une hésitation dans le style architectural ce qui donne à Bernay une place à part.
Spécificités
Plan basilical avec chevet échelonné de type bénédictin.
Les piles composées car elles sont expérimentales.
L'élévation à trois niveaux qui au 2ème étage est composé de baies géminées préfigurant le principe du triforium.
Le passage mural. Cet élément architectural porte le nom de Mur épais normand.
Contexte
L'église de Bernay est liée à l'histoire des ducs de Normandie et à la conquête de l'Angleterre. C'est l'un des édifices majeurs des débuts de l'art roman en Normandie.
Outre l'abbatiale, Bernay possède deux autres églises classées:
L'église Sainte Croix.
L'église Notre Dame de la Couture
07 novembre 2009
Lillebonne
Antiquité
Lillebonne possède une longue histoire remontant au peuple gaulois, les Calètes, nom qui est à l'origine du nom de la région le Pays de Caux, et dont elle fut un temps la capitale. À la période gallo-romaine elle eut un temps de grande prospérité liée à la présence d'un port sur la Seine. Au IIIe siècle, Lillebonne est mentionnée dans la Géographie de Ptolémée sous le nom de Juliobona. L'enceinte délimitait, alors une aire urbaine d'environ 50 hectares. Le nom gallo-romain de Juliobona vient de deux termes : Julio, qui désigne le général Jules César, conquérant de la Gaule, et Bona, terme gaulois / celtique désignant une fondation urbaine ou peut-être une source[2]. Juliobona est donc « la ville fondée sous Jules César » ou plutôt, « la ville fondée en l'honneur de Jules César ».
Elle possédait un amphithéâtre, un mithraeum et des thermes romains et était environnée de riches villas et de domus. Au cours des siècles suivant, les pierres des édifices gallo-romains furent réemployés pour la construction de murailles de protection contre les invasions barbares, puis pour la construction de l'Abbaye de Jumièges toute proche. Au Bas-Empire seulement, la ville abrita une garnison romaine, constituée essentiellement de soldats germaniques comme partout en Gaule du nord.
Des fouilles effectuées tout au long du XIXe siècle permirent cependant de remettre au jour de nombreux vestiges. Depuis l'année, 2007, de nouvelles fouilles sont en cours qui permettent de mieux connaître l'attribution de ce théâtre . En 1823 une importante statue d'Apollon en bronze doré d'une hauteur de 1,90 m fut découverte à proximité du théâtre antique. Elle a été datée du IIe siècle et se trouve au Musée du Louvre. Une importante mosaïque gallo-romaine, bien conservée et représentant une chasse au brame (des cerfs) provient d'une villa suburbaine et est exposée au Musée des antiquités de Rouen. Cette technique de chasse au cerf apprivoisé est caractéristique de la tradition gauloise, bien que le style de la mosaïque soit romain.
Moyen Âge
Au Moyen Âge, un concile se réunit dans la bourgade en 1080. Rassemblant le clergé de la région, il rappelle un ensemble de règles sur la morale, le dogme et la liturgie.
04 novembre 2009
Cob normand
Cob normand
Etalon Cob Normand présenté au Haras de Saint-Lô
Région d’origine
Région Basse-Normandie, France
Caractéristiques
Morphologie Cheval de trait
Taille 1,58m à 1,71m
Poids 550 à 900 kg
Robe Bai, noir pangaré ou alezan
Caractère énergique et volontaire
Autre
Utilisation monté ou attelé
Le cob normand est une race de cheval de trait léger originaire de Normandie. Il est issu du carrossier normand qui a été amélioré par le pur-sang anglais et le trotteur Norfolk.
La race est gérée par le Syndicat national des éleveurs et utilisateurs de chevaux cob normand qui tient le studbook et qui cherche à fixer les caractéristiques originelles de la race.
Principalement répandu dans la région de Saint-Lô, son effectif a été relativement stable ces dernières années. La qualité de ses allures, son courage et sa franchise en font un excellent cheval d'attelage. Mais il est aussi très agréable sous la selle.
Origines
Attelage cob normand au Haras de Saint-LôLe cob normand est issu de l'ancienne race du carrossier normand, amélioré au XIXe siècle par le Pur-sang anglais et le trotteur Norfolk . Il tient son nom de « cob » par analogie avec ses cousins anglais et irlandais, le qualificatif de « normand » faisant référence à sa région d'origine .
Dans la région de Saint-Lô et le Cotentin, où le cob normand est très répandu, l'usage des travaux agricoles a fait les beaux jours de la race . En 1945, la centaine d'étalons cobs a compté pour 40 % des étalons de la circonscription .
L'arrivée de la mécanisation agricole a menacé le cob normand, comme toutes les races de trait françaises, les conduisant à un alourdissement général en vue de la production de viande[3].
Le cob normand a pu éviter ce sort grâce à une race : le Selle français . La possibilité d'utiliser un étalon Pur-sang anglais en croisement avec une jument cob normand pour produire du Selle français a permis une réorientation de l'élevage . Si ses effectifs ont tout de même régulièrement décru, le cob normand, par cette réorientation, n'a pas subi de détérioration de sa race puisque pour produire du Selle français, il ne devait pas s'alourdir et conserver les allures, les aplombs et les tissus qui lui sont caractéristiques .
Les années 1980 s'annoncent comme un tournant pour la race puisqu'elle voit la réorganisation de son syndicat en 1982 et la création dix-ans plus tard d'un nouveau studbook .
Aujourd'hui la race est gérée par le Syndicat national des éleveurs et utilisateurs de chevaux cob normand (SNEUCCN) qui a pour but le maintien, la défense et la promotion la race sur tout le territoire français, principalement en Basse-Normandie, le berceau de race, ainsi qu'en Vendée, en Haute-Normandie et en Anjou .
Caractéristiques
Jument cob normandAvec une taille comprise entre 1,58 m et 1,71 m, le cob normand peut peser de 550 kg à 900 kg . C'est un cheval étoffé, harmonieux et bien équilibré . Il est compact mais sans lourdeur . Son profil est inscriptible dans un carré, grâce à son dos assez court .
Les robes admises sont l'alezan, le bai et le noir pangaré .
Il possède une tête sensible , un œil vif, des naseaux bien ouverts et un chanfrein droit, voire busqué . Son encolure est épaisse . Ses épaules sont correctement inclinées et son corps est compact et trapu . L'arrière-main est puissante mais pas autant que celle des races de trait lourd . Ses membres sont courts mais il ne possède pratiquement pas de fanons .
C'est un cheval généreux qui ne rechigne pas à la tâche . Il est énergique, volontaire et ses ancêtres pur-sang anglais lui ont apporté du sang .
Élevage
L'élevage de cob normand est principalement présent dans les départements de la Manche, du Calvados et de l'Orne , qui sont les départements berceaux de la race. La région de Saint-Lô représente ainsi 35 % des naissances de la race . Mais il se développe aussi autour du Haras de la Vendée, qui représente 25 % des naissances , et du Haras du Pin . On trouve également des chevaux Cob Normand dans le Massif central . En 2004, on comptait 601 éleveurs pour l'ensemble du territoire .
L'élevage est soumis à des règles précises. L’inscription au stud book est automatique si le cheval a sept ascendants sur huit de sang cobs normands . L'orientation générale de l'élevage est de produire des chevaux avec de vraies qualités d’allures et d’aplombs recherchées pour l’attelage, et ceci, tout en demeurant l’une des neuf races de trait françaises . Les présentations d'agrément et d'achat des étalons se fait dans ce sens puisqu'à la présentation en main, s'ajoute désormais systématiquement une présentation attelée sur une reprise de dressage . Depuis 1996, le circuit SHF est effectué par de jeunes étalons de race cob normand, et ce, jusqu’aux finales nationales .
31 octobre 2009
VERNEUIL-SUR-AVRE
Dénomination
Sous l'Ancien Régime, la ville s'appelait Verneuil-au-Perche ou simplement Verneuil. Elle est devenue commune et chef-lieu de canton sous le nom de Verneuil, nom encore fréquemment employé dans le langage courant. L'actuelle dénomination Verneuil-sur-Avre a été officialisée à une date inconnue, supposée entre 1882 et 1943
Géographie
Bien que son nom actuel indique l'Avre, c'est en réalité l'Iton (affluent de l'Eure et donc sous-affluent de la Seine) qui traverse cette commune.
Histoire
Bataille de Verneuil, victoire anglaise, en août 1424
Reconquête de Verneuil par les Français à la fin de la guerre de Cent Ans, le 9 juillet 1447
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.
Héraldique
Blasonnement des armes traditionnelles de la ville de Verneuil :
« D'argent, au lion de gueules, au chef d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or. »
tel que rapporté par Malte-Brun, dans la France illustrée (1882).
Ville fleurie, porte du Pays d'Ouche.
Ancienne ville frontière, née d'une cité fortifiée créée au XIIème siècle par Henri Ier Beauclerc, duc de Normandie et roi d'Angleterre, 4e fils de Guillaume le Conquérant, pour surveiller la frontière franco-normande au sud de son duché.
La cité connut les vicissitudes des guerres (conquête par les rois de France, guerre de Cent Ans, guerre de Religion), jusqu’à ce que son château et ses remparts aient été pratiquement détruits, aux XVIIe et XVIIIe siècles.
La rue de la Madeleine et ses alentours regroupent de vieilles et riches demeures. Maisons de bois à colombages, maisons à tourelles et à encorbellement du XVIème siècle, façades à damiers, maison Renaissance à la porte en bois sculptée et surmontée de statues... Ruelles et quartiers aux noms pittoresques ou évocateurs : Petit Versailles, rue au Lait, rue du Pont aux Chèvres, rue de la Pomme d'Or, rue des Tanneries ...
Hôtels Particuliers aux balcons en fer forgé des XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles : Storez, rue du Canon (Maurice Storez était un architecte renommé qui contribua à la protection et la mise en valeur du patrimoine architectural vernolien).
le château de Verneuil-sur-Avre est attesté depuis le XIe siècle. Il formait avec Tillières-sur-Avre et Nonancourt un rideau défensif contre les éventuelles incursions en Normandie des comtes de Chartres. Philippe Auguste y construisit après 1204 l'une de ses fameuses tours circulaires
Tour Grise
Cette tour, l'un des plus beaux donjons cylindriques du XIIème siècle, tire son nom de la pierre de grison utilisée pour sa construction et témoigne du passé militaire de Verneuil-sur-Avre.la Tour Grise fut construite par Philippe Auguste en 1204 et n'a jamais fait partie du château. Elle était hors les murs. Le château était situé entre la rue de la Ferté Vidame et l'église Saint-Laurent. la tour grise a abandonné son esprit guerrier pour devenir un lieu d’expositions. A sa droite, les ruines sont celles de la Fauconnerie de l'ancien château.
Derrière la Tour Grise, un petit pont sur le bras forcé de l'Iton permet d'aller visiter le Parc André Faugère.
Eglise Notre-Dame
Edifice roman du XIIe s. Riche mobilier et remarquables réalisations des imagiers vernoliens de la première moitié du XVIe s.Belle collection de statues du 16° s.
Eglise Sainte-Madeleine et tour de La Madeleine * (XVe-XVIe s.)
Haute de 56 mètres, la tour, visible de plusieurs kilomètres à la ronde, est un joyau de l’architecture gothique flamboyante. Portail en grison du XIIe s. abrité par un porche Renaissance. Nef du XIIe s. reprise au XIXe s. et choeur gothique. Somptueux vitraux des XVe et XVIe siècles relatant la vie du Christ, une très belle statuaire et une magnifique Mise au Tombeau du XVIe siècle. Orgue du XVIIIe s.
Eglise Saint-Jean
Edifiée en grison au XIIe siècle, cette église a conservé plusieurs contreforts plats. Au début du XVIe, une travée de pierre de taille fut ajoutée ainsi que 2 chapelles. Vers 1530 on éleva une grande tour en pierre. Désaffectée puis transformée en halle aux grains, l'église fut partiellement détruite par les bombardements de la dernière guerre. Le clocher et le mur occidental furent classés monuments historiques en 1943.
Abbaye Saint-Nicolas XVIIème s.
L’une des rares abbayes normandes ayant subsisté dans son site d’origine. Visite des parloirs du cloître, de la chapelle, de la crypte, de l’horloge. Boutique d’artisanat, jardin. Accès à la chapelle libre ts les jours.
Au sortir de l'Abbaye, prendre deux fois à gauche jusqu'au pont d'où on a un point de vue sur les Fossés. La Gueule d'Enfer se trouve à gauche, le Fort du Goulet à droite.
Les fossés historiques de Verneuil-sur-Avre par le "circuit vert des fossés" d'une heure environ. L'eau vient d'un "bras forcé" creusé sur l'Iton, voici neuf siècles, à 10 km de là, pour alimenter la ville, les eaux de l'Avre se trouvant en territoire français.
Sur la place Saint Laurent, ancien marché aux cochons, se dresse l'Eglise Saint-Laurent (XVIème siècle) qui abrite des expositions et des concerts en été.
Circuits routiers disponibles dans les offices de tourisme:
- "Le Sec Iton" : cette légende raconte que « un jour, le diable, qui craignait l’eau froide, demanda à un meunier de lui faire traverser la rivière dans sa barque, mais le meunier avait mieux à faire et pria cet importun de le laisser travailler. Irrité, Satan décida de se venger séance tenante et fit disparaître la rivière dans les profondeurs de la terre pour pouvoir traverser à pied sec. Le malheureux meunier perdit ainsi son outil de travail, son activité et... sa fortune. »
- "Les Mariettes". Longtemps demeurées des lieux de pèlerinage, les "mariettes" sont de petits oratoires édifiés aux XVIIIe et XIXe siècles par les croyants pour témoigner leur foi et leur gratitude à la Vierge Marie (d’où leur nom) ou aux saints dont ils avaient sollicité la grâce. Construites le plus souvent en pierre de pays selon l’architecture d’une mini chapelle, les mariettes renferment une piéta représentant la Vierge serrant dans ses bras le Christ descendu de la croix.
Parc ornithologique Le Bois des Aigles - Naturama RN12 - Les Turgères.- Balines (3km de Verneuil-sur-Avre)
Attention, rapaces en vol ! Cinq hectares de décor naturel servent de scène à la présentation de spectacles animaliers.
Le jeune visiteur (6 ans et +) découvrira de façon ludique le monde fascinant des rapaces : 30 volières réparties en sous-bois et abritant plus de 40 espèces différentes se visitent en compagnie d'un fauconnier. Ces différentes espèces de rapaces sont présentées au travers de spectacles en extérieur, ou dans une salle de 300m selon la météo. Les enfants seront aussi émerveillées par la mini-ferme, le village de cochons d'Inde ou le spectacle sur le Cormoran, ce prédateur aquatique aux comportements comiques.
Voici un acrostiche sur Verneuil
Etoile de Normandie: Verneuil! A l'abri des regards indiscrets,
Par les remparts, Elle était jadis encerclée.
Puis, les anglais vinRent l'assiéger
Par les lames brillaNtes de leurs épées ensanglantées
Ils s'emparèrent de cE haut lieu pour gouverner.
Une nuit, par le moUlin firent leur entrée
L'ingénieux Jean BertIn et sa poignée d'hommes armés,
Et de l'assaillant, La ville fut enfin libérée!
vidéo sur le parc de faugère
Pour plus de photos suivez le lien:
http://nanienormandie.canalblog.com/albums/verneuil_sur_avre/index.html
25 octobre 2009
Chateau de Canon
Entre Caen et Lisieux, raison et imaginaire se mélangent dans ce parc anglo-français réalisé dans l'esprit de la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Description
Aux confins du Pays d'Auge et de la plaine de Caen, au cœur d'une région riche en églises romanes, manoirs et châteaux, sur la vieille route des diligences de Lisieux à Falaise, Canon, enchâssé sous les voûtes de ses arbres sans âge, murmure de ses mille sources. Le château de Canon est un château situé dans la commune de Mézidon-Canon, dans le département français du Calvados, en Normandie.
Le château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 11 juin 1941 .
Histoire
La seigneurie de Canon, propriété d’Eudes de Canon au Moyen Âge, passe ensuite par le jeu d’alliances et de successions, notamment aux familles Franqueville, Sarcilly, Le Sueur puis à Thomas De Berenger en 1689. Son fils, Robert de Berenger fuit le régime et part se réfugier en Angleterre en 1727, vendant Canon à vil prix à un sieur de La Roque, fortuné receveur des tailles de Valognes, qui construit alors une nouvelle demeure, creuse la pièce d’eau et commence à planter les avenues.
Jean-Baptiste De Beaumont épouse en 1760 Anne Louise Du Mesnil, seule héritière de la famille de Berenger, et s’intéresse alors en qualité d’avocat aux conditions critiquables de la vente de Canon menée en 1727. Après 10 ans de procédure, à laquelle s’intéresse de près son grand ami Voltaire, il gagne son procès et engage alors immédiatement d’immenses travaux qui le ruineront.
Les précieuses archives conservées dans le « chartrier » de Canon permettent de connaître tous les détails des travaux réalisés de 1768 à 1786, notamment par les nombreuses lettres que l’avocat adressait à son intendant Eutrope SERAIN, depuis Paris où le retenaient ses plaidoiries.
SERAIN mènera ainsi à bien les transformations du château, les diverses constructions des dépendances et fabriques et la création du parc, sous les instructions précises de l’avocat qui y enverra des maîtres de qualité. Utilisant la pierre blonde calcaire de Quilly et le sable de mer pour « rustiquer » les façades, plus de 30 ouvriers travailleront quotidiennement sur place durant dix années.
J.B. ELIE de BEAUMONT commandera lui-même aux pépinières d’Harcourt les innombrables arbres d’essences variées qui orneront le parc, cherchant toujours des contrastes de couleurs en toutes saisons ; il sera attentif en outre aux « bruits de la nature » ou aux effets de perspectives. Il attachera également beaucoup d’importance à ses « fruitiers », dénommés « Chartreuses », ces treize jardins clos de murs et reliés par une enfilade d’ouvertures en plein cintre, dont il établira lui-même les plans. Il souhaitera venir s’y reposer pour oublier son activité trépidante et, selon ses correspondances, s’y délasser quelques jours et « ne pas même ouvrir un livre » …
Enfin Monsieur et Madame ELIE de BEAUMONT créaient en 1775 la célèbre « fête des Bonnes Gens », grande célébration de la Vertu, deux jours de fête durant lesquels sont couronnés ici la Bonne Mère, le Bon Vieillard, le Bon chef de Famille et la Rosière, élus au suffrage universel parmi les habitants de Canon, Mézidon et Vieux-Fumé. De nombreux souvenirs de cette fête, qui rassemblait des milliers de personnes chaque année, entre le château, l’église et l’abbaye de Sainte Barbe de Mézidon, sont conservés dans les salons du château.
Une partie importante des dépendances, au Nord, était consacrée à cette manifestation, par l’aménagement d’une grande salle de théâtre dite « salle des Rosières » ; les motifs sculptés de la façade Est du château en portent également témoignage. …
En 1783, sa chère épouse qui a tant contribué à la création et à l’administration de son petit royaume, et auteur des fameuses « Lettres du Marquis de Rosel » meurt, le laissant désespéré. Dès lors, il ne vient plus guère à Canon et hâte la fin des travaux qu’il finance de plus en plus difficilement. Après avoir écrit «Canon est un cancer qui me ronge », il meurt très endetté en 1786, laissant un fils de 13 ans, Armand, dont le célèbre avocat TARGET sera le tuteur .
Ainsi le domaine créé, respecté et entretenu par la famille ELIE de BEAUMONT parviendra presque intact à leurs descendants actuels malgré les révolutions, guerres et autres événements.
Très apprécié dans la région, J.B. ELIE de BEAUMONT évitera au domaine de Canon les désordres de la Révolution.
En revanche, Canon souffrira gravement de la dernière guerre qui verra s’installer au sein même du château, un hôpital allemand en juin 1944, puis les troupes d’une division de chars Panzers que les frondaisons des arbres bicentenaires protégeaient efficacement du repérage des avions alliés.
Si les Beaux-Arts reconstruiront parfaitement, dans le cadre des dommages de guerre, la ferme du Nord victime d’une bombe américaine, il n’en sera pas de même pour les autres dépendances qui subirent en outre en 1945 une réquisition pour y loger des réfugiés travaillant à la restauration des voies ferrées de la région.
Privées de dommages de guerre faute d’identification des très graves dégradations constatées (occupants ou réfugiés ?), les vastes dépendances sont depuis cette époque très dégradées et des restaurations progressives sont chaque année mise en œuvre.
Si le château lui-même est de dimensions modestes, les dépendances, doublées de chaque côté par une grande cour, sont considérables. Elles représentent à elles seules plus d’un hectare de toiture. Alors que ces charges écrasantes sont très difficiles à supporter, le parc fut ravagé par plusieurs tempêtes, notamment celle d’Octobre 1987, pui en 1990 et en 1992, et enfin par le dévastateur ouragan du 26 décembre 1999. Des centaines d’arbres plus que bicentenaires sont ainsi tombés, défigurant hélas pour des décennies certaines allées du parc connues pour leurs voûtes végétales qu’un siècle ne suffira pas à reconstituer.
Enfin, cette architecture d’arbres et de pierres et toujours de plus en plus encerlée par le béton de l’agglomération qui menace gravement CANON d’étouffement.
Seule la vigilance de tous empêchera de porter atteinte aux charmes de ce rare témoin du 18ème siècle.
Suivre le parcours fléché
Il commence par la salle d'accueil, qui a successivement servi d'écurie, puis de laverie et enfin de laiterie
1. Ferme du sud
Cet ensemble construit en partie par Monsieur de LA ROCQUE au début du 18ème, fut modifié par J.B ELIE de BEAUMONT qui, par souci d'équilibre, construira plus tard la ferme du nord en parfaite symétrie.
Ici se trouvait la réserve de vie du château : écuries, bûcher, pressoir, oisellerie, logements du personnel, etc..., de même « la maison des vétérans » dans laquelle J.B ELIE de BEAUMONT logeait gracieusement de vieux soldats des Armées du Roi (d'où l'inscription sur la plaque de marbre côté avenue).
Le pressoir présente l'intérêt d'être complet et pour partie en pierre de Caen (contrairement au granit ou au bois plus souvent rencontrés). Plus loin, une « charreterie » communique avec le potager (non ouvert au public)
2. Le bosquet du vase
Au sortir de la cour sud, le « bosquet du vase » à droite, dont le tracé des allées dessine la forme d'un vase ; partie du parc très endommagée par une tornade en 1981 puis les tempêtes successives 1987, 1990 et 1999. A gauche, charmante orangerie récemment restaurée.
3. Temple de la pleureuse
Ce petit monument, de style néo-classique fut construit en 1783 par J.B ELIE de BEAUMONT à la mémoire de son épouse qui venait de mourir, et dans l'esprit de la mode des « fabriques ».
Une jeune fille pleure sur un médaillon représentant le profil de la défunte. A l'intérieur, au fond de l'édifice, le buste de son épouse au-dessus de vers composés par le poète LA HARPE, ami de la famille.
Deux possibilités pour se rendre au n°4 :
- Retourner sur ses pas vers le miroir d'eau.
- Descendre à droite du temple à travers l'herbage pour rejoindre le pont le Laizon et la petite promenade dite « promenade sauvage ». Elle peut se parcourir par la grande allée, ou par le petit sentier sinueux surplombant la rivière. A noter un endroit sur lequel J.B ELIE de BEAUMONT s'était fait construire un cabinet de toilette, écrivant qu'il souhaitait venir y prendre son bain en s'imaginant dans le lit de la rivière... (il n'en reste malheureusement aucun vestige).
4. Miroir d'eau
Au pied de cette pièce d'eau creusée lors de la construction du château, on peut admirer un parfait reflet de l'édifice.
Le « miroir » est alimenté exclusivement par des eaux de sources, d'une température constante d'environ 13°. Truite, carpes, gardons et anguilles comme cygnes et canards, s'y plaisent. Belles statues en marbre de Carrare sur piédouches sculptés. Coule en contrebas la rivière le Laizon qui prend source près de Falaise.
En face, avenue de Hêtres, abattus par les nombreuses tempêtes et replantés en 1992. (Les hêtres du bout de l'avenue ont, quant à eux, environ 40 ans).
5. Cascade et vue sur le château BERENGER
Cascade aménagée sur demande précise d'ELIE de BEAUMONT au pied d'une petite grotte constituée de rochers décoratifs et que l'on retrouve à d'autres endroits près de ruisseaux et petits étangs. Le Laizon est ici dérivé pour alimenter le grand canal.
Vu de cet endroit, le château Bérenger évoque charme, mystère et poésie.
Observer les derniers rares platanes d'Orient plantés en 1786, seuls rescapés des dernières tempêtes, d'une majesté et d'une ampleur considérable.
6. Grand canal et château BERENGER
Après la cascade, poursuivre l'allée longeant la rivière puis prendre à droite et franchir le pont de bois. Quelques mètres plus loin, à votre gauche, belle perspective sur ce grand canal. Totalement envasé depuis des décennies, ce canal a fait l'objet d'importants travaux en 1997 (curage, remise en eau, reprises des digues, etc...).
Prendre l'allée en face du canal pour retour vers le château Bérenger.
7. Le pigeonnier
En quittant le Château Bérenger vers le pigeonnier, et après le rond des aucubas, sur la droite, cette partie du parc est appelée « bosquet du Clos Target ». Cet avocat, ami intime des ELIE de BEAUMONT eut la faculté d'y aménager un jardin à son goût. On y découvre petit lac romantique, ruisseau, petit puits en pierre, piliers d'entrée, rochers rapportés sur les bords de l'eau, le tout sous les platanes d'Orient, ifs, lauriers, aucubas, formant un ensemble irrégulier dans le goût anglo-chinois.
Le pigeonnier est original par sa forme, semi-circulaire, due à « un accident » de l'histoire. Ce pigeonnier Renaissance, initialement de forme ronde, fut en effet coupé en son milieu lorsque J.B ELIE de BEAUMONT fit installer le kiosque chinois dans l'alignement du temple construit en 1783. Il décidait alors d'orner ce pigeonnier d'un motif néo-classique avec tympan, fronton et deux colonnes, dans l'esprit italien.
« Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre », inscription sur la plaque de marbre au-dessus du fronton.
8. Jardin d'ombre
Promenade le long du canal dans une zone fraîche et ombragée enrichie par la plantation de nombreuses variétés d'arbustes.
Jean Baptiste Elie de Beaumont avait pris grand soin à ce que partout dans le parc on entende le bruit de l'eau qui coule.
9. Kiosque chinois
Le kiosque chinois est une fabrique achetée au château des Ternes à Paris dont le parc était alors victime de l'urbanisme, et installée après la mort de l'avocat 1786.
Il permet de se reposer à l'ombre en contemplant « l'allée de la montagne, les prés et les bois ». A noter, l'originalité de la toiture et de la charpente, (restaurées à plusieurs reprises, en 1970 puis 1997 grâce au concours du Ministère de la Culture, du Conseil Général du Calvados et des Vieilles Maisons françaises, comme le fut également le Temple en 1985).
Les archives ont permis de découvrir que J.B ELIE de BEAUMONT s'était fait construire, en haut de la colline boisée au nord, un petit observatoire en bois duquel il montrait à ses amis son parc en cours de plantation.
10. Les Chartreuses
Enfilade unique de 13 jardins clos que J.B ELIE de BEAUMONT appelait ses « fruitiers » et qui permettaient, à l'abri des murs, d'obtenir des fruits magnifiques : pêches, poires, abricots, amandes, figues, raisins... Les 850 mètres de murs qui tiennent aujourd’hui davantage par le lierre que par la pierre, permettaient de recevoir ces fruitiers en espaliers. Pour en planter davantage sans perdre le soleil, les murs sont conçus de plus en plus hauts vers le nord. Aujourd'hui, ces chartreuses sont ornées de fleurs innombrables, en majeure partie des vivaces et sont entretenues, comme le reste du parc, par des moyens essentiellement familiaux.
Ces jardins, très renommés, à l'architecture unique, constituent de véritables serres à ciel ouvert. La chaleur étouffante de l'été impose un arrosage intensif et fastidieux tant les fleurs et arbustes s'y dessèchent. Pomone, déesse de l'abondance, œuvre de DU PATY, rehausse encore l'éclat de l'ensemble. (Sortie conseillée par la Chartreuse des capucines, avec sa charmante statue en terre cuite des « trois amours maîtrisant la foudre ».)
11. La cave et les animaux de la ferme
A gauche en sortant des Chartreuses ne manquez pas la cave à cidre. Vous pouvez y déguster du Calvados, du Cidre, du Poiré, du Pommeau, du Jus de pommes et y acheter de nombreux produits biologiques fabriqués sur place. A proximité, vos enfants et vous-même pourraient y retrouver tous les animaux de la ferme : 2 euros). Vous y apercevrez la fameuse cabane branchée que vous louez comme chambre d'hôte.
12. En sortant des Chartreuses,
prendre l'avenue à droite, en direction du château. La Ferme du Nord terminée en 1781, fut bombardée dans la nuit du 7 au 8 juin 1944 et partiellement détruite par une bombe de 500 livres. On y observe les oeils-de-boeuf et les anses de panier rappelant les charreteries de la ferme du Sud et donnant l'illusion d'une symétrie parfaite.
13. Salle des rosières
Ces communs en équerre abritaient la chapelle et la salle des « Bonnes Gens » où se déroulait depuis 1775 cette grande fête en l'honneur de la Vertu, lors de laquelle on couronnait la Rosière, le Bon Vieillard, la Bonne Mère et le bon Chef de Famille. Les aménagements en salle de théâtre ont malheureusement disparu. La tribune était installée au fond sous l'ouverture en plein cintre, pour la présidence de Monsieur et Madame ELIE de BEAUMONT. A gauche, une galerie courait au-dessus des fenêtres du rez-de-chaussée.
A noter enfin les fenêtres extérieures de l'étage en trompe l’œil...
14. Façade et cour d'honneur
Vous retrouverez cette fête des « Bonnes Gens » évoquée par les chutes de trophées ornant la façade principale du château :médailles offertes, rubans pour les porter, instruments de musique, drapeaux, bannières, souvenirs accompagnant la procession de l'église au château. Sur chacune des façades sont gravés sur le marbre des vers extraits de l'épître de Boileau à Lamoignon.
En face de la cour d'honneur, la grande avenue de plus d'un kilomètre est bordée de tilleuls (autrefois des ormes), puis de marronniers.
Le domaine de CANON est une propriété privée, habitée encore à ce jour par les descendants de son créateur. Celui-ci, Jean-Baptiste Jacques ELIE de BEAUMONT, né à Carentan en 1732, célèbre avocat au Parlement de Paris, Intendant des Finances du Comte d'Artois (le futur roi Charles X), fervent défenseur de la cause des protestants au 18ème siècle, et grand ami de Voltaire, notamment après ses succès dans les fameuses affaires CALAS et SIRVEN, a marqué de son esprit et de sa personnalité l'ensemble architectural et paysager que vous allez parcourir. Très apprécié dans la région, Jean-Baptiste de Beaumont évitera au domaine de Canon les désordres de la Révolution. Léonce, son petit-fils, fût célèbre et respecté en tant que premier créateur de le carte géologique de France et donna même son nom à une montagne en Nouvelle-Zélande.
Le château de Canon souffrira gravement de la dernière guerre qui verra s’installer au sein même du château, un hôpital allemand en juin 1944, puis les troupes d’une division de chars Panzer que les frondaisons des arbres bicentenaires protégeaient efficacement du repérage des avions alliés. Si les Beaux-Arts reconstruiront parfaitement, dans le cadre des dommages de guerre, la ferme du Nord victime d’une bombe américaine, il n’en sera pas de même pour les autres dépendances qui subirent en outre en 1945 une réquisition pour y loger des réfugiés travaillant à la restauration des voies ferrées de la région.
Architecture
Balustres du Château et statues à la mode italienne, kiosque Chinois, temple, ruines néo-classiques, miroir d'eau, longues avenues droites qui mènent à la cour d'honneur, font du parc "un jardin de transition" où le style français régulier et droit côtoie l'anglais naturel et sinueux. Canon a conservé aussi ses "Chartreuses", cette rare enfilade de treize jardins fleuris et clos de murs.
Le domaine de CANON est une propriété privée, habitée encore à ce jour par les descendants de son créateur. Celui-ci, Jean Baptiste ELIE DE BEAUMONT, né à CARENTAN en 1732, célèbre avocat au parlement de Paris, Intendant des Finances du comte d'Artois, fervent défenseur de la cause des protestants au 18ème siècle, et grand ami de Voltaire, a marqué de son esprit et de sa personnalité l'ensemble architectural et paysager que vous allez découvrir.
Domaine conservé intact depuis cette seconde moitié du 18 ème siècle, sans ajout aucun, CANON constitue un rare témoin de ce "Siècle des Lumières", ce qui a motivé son classement intégral au titre des Monuments Historiques, tant pour le bati que pour ses abords, parc, jardins, fabriques, avenues...
Jardin
Les jardins du château sont classés jardins remarquables, notamment grâce aux treize jardins clos de murs, appelés chartreuses qui servent d'écrin à des centaines de variétés de fleurs et sont ouvert à la visite. L'intérieur du château ne se visite pas .
1985 : premier prix de sauvegarde de l’association Vieilles maisons françaises.
1987 : premier prix de la fondation des parcs et jardins de France.
Après la tempête de 1999, le château a reçu une aide de la fondation des parcs et jardins de France.
mai 2000 : premier prix de la compagnie Art du jardin.
Aujourd'hui
Le château possède également une cabane dans les arbres qui fait office de maison d'hôte. Une cave est ouverte permettant la vente de produits de la ferme, fabriqués biologiquement avec les pommes et les poires du château : cidre, calvados, halbi, champoiré…
http://www.france5.fr/silence-ca-pousse/silence-ca-pousse-video.php?id_article=1959
13 octobre 2009
Qu'est ce qu'une vacherie ?
Qu'est ce qu'une vacherie ?
une vilaine action, un événement injuste ou encore l'endroit ou l'on parque les vaches...
Rien de tout celà: C'est un petit village de Normandie, un petit coin tranquille qui se situe dans l'Eure tout près d'Evreux.
Un lieu sans vacherie,un lieu de détente et de silence.
...juste peut être le chant des oiseaux...
10 octobre 2009
Collégiale Notre Dame de l'Assomption
La collégiale d'Écouis placée sous l'invocation de Notre-Dame de l'Assomption a été fondée par Enguerrand de Marigny, ministre des finances de Philippe le Bel. Natif de Lyons-la-Forêt, il possédait à Écouis un riche domaine doté d'un hôpital avec un collège de 12 chanoines que devait accueillir la collégiale construite de 1310 à 1313 avec l'approbation du roi, de l'archevêque de Rouen et du pape français Clément V.
Historique
Plaque d'Enguerrand à l'entrée de l'égliseL'église fut consacrée le 9 septembre 1313. Mais Enguerrand de Marigny devait subir un complet revers de fortune peu de temps après, et être pendu en 1315 au gibet parisien de Montfaucon.
La collégiale a reçu :
les approbations royales en février 1310
les approbations épiscopales en mai 1311
et l'approbation papale (Clément V le 1er mai 1311)
et fut consacrée à Notre-Dame de l'Assomption le 9 septembre 1313.
La dépouille d'Enguerrand de Marigny, après sa disgrâce et sa mort, fut rapporté à la collégiale d'Écouis en 1326.
Notre-Dame d'Écouis restera collégiale jusqu'à la révolution. Elle accueillera plusieurs rois de France, dont Louis XI et Louis XII. Elle eut aussi comme chanoine saint Vincent de Paul.
Durant la Révolution, elle fut convertie en temple de la Raison en 1794, puis servira d'atelier puis de grange jusqu'en 1797.
Rendue enfin au culte, elle devint l'église paroissiale d'Écouis.
Architecture
Cet édifice est d'une taille imposante et inattendue dans un si petit village. Son architecture extérieure est massive et sévère.
La collégiale a un plan cruciforme. Elle est composée :
D'un chœur de 20m90 de long, plus long que la nef qui ne fait que 15m65,
et d'un transept large de 10m40.
La voûte de 18 m de haut était autrefois lambrissée, mais elle a été refaite en briques en 1768, le berceau de bois existant encore dans les chapelles latérales.
Au nord et au sud, elle comporte deux chapelles accolées au chœur, celle du nord donne sur la sacristie qui était auparavant la salle capitulaire.
À l'entrée, du côté sud, se trouve une chapelle construite en 1528 à usage paroissial, dont l'architecture appartient au gothique flamboyant.
Il ne demeure des vitraux originaux que l'oculus quadrilobé de la chapelle du nord, représentant le Christ en croix entouré de la Vierge et de Saint Jean.
L'édifice est construit en pierre de Vernon. Il est classé monument historique depuis le 13 juin 1913.
Mobilier et statuaire
Le chœur de la collégiale d'ÉcouisLes fonts baptismaux sont du XVIIIe siècle
Une croix du XVIIIe siècle aussi se trouve au-dessus du confessional
La chaire est du XIIe siècle, elle repose sur un socle représentant symboliquement les quatre évangélistes
Les 36 stalles du chœur datent de la fondation de l'église, elles sont parmi les plus ancienne de France. Les retables et les boiseries sont du XVIIe siècle.
La reconstruction de l'orgue de tribune (buffets du XVIIe siècle) a été abandonnée au profit de l'achat d'un Orgue ALLEN Elite Opus II, tout spécialement conçu pour cet édifice et inauguré le 18 mai 2008 par Sophie Véronique Cauchefer-Choplin.
La statuaire est très riche. Parmi les plus remarquables :
Sur le mur nord de la nef, un groupe de l'Annonciation avec la Vierge et l'ange Gabriel.
Dans le transept nord, Sainte Véronique et Sainte Marie l'Égyptienne, ainsi qu'un Ecce Homo du XVe siècle.
Dans le transept sud, une Sainte Marguerite,
Dans la chapelle nord on trouve :
Sainte Cécile, du XIVe siècle,
Saint Laurent (statue polychrome),
Saint Denis,
Saint Martin, du XVe siècle
Et pour finir, cette église possède une des plus belle vierge que l'on puisse voir en Normandie.
03 octobre 2009
Raie aux câpres et aux coques
Pour 6 Personne(s)
Temps de préparation : 30 min
Temps de cuisson : 15 min
Ingrédients :
aile de raie : 1.2 kg
coques : 1 l
câpres : 3 c. à soupe
thym : 3 branches
beurre : 150 g
vinaigre de vin : 2 c. à soupe
gros sel : 1 c. à soupe
grain de poivre : 1 c. à soupe
sel, poivre
Accord vin :
un picpoul de pinet (blanc, Languedoc-Roussillon)
Préparation :
Mettez les coques et 1 branche de thym dans une casserole.
Faites chauffer sur feu vif jusqu'à ce qu'elles soient ouvertes.
Réservez-les au chaud dans la casserole.
Rincez les ailes de raie sous l'eau courante et mettez-les dans une marmite.
Couvrez d'eau fraîche et ajoutez le gros sel, les grains de poivre et 2 branches de thym.
Portez à ébullition et laissez pocher pendant 15 min en écumant de temps en temps.
Égouttez la raie avec une écumoire.
Pelez les ailes de raie et retirez l'os central.
Déposez la raie dans un plat posé sur une casserole d'eau bouillante pour la maintenir au chaud.
Ajoutez les coques.
Mettez le beurre dans une poêle et faites chauffez sur feu vif jusqu'à obtention d'une belle couleur noisette.
Hors du feu, ajoutez le vinaigre, les câpres, sel et poivre.
Versez le contenu de la casserole sur la raie et servez immédiatement.
01 octobre 2009
Abbaye de Mortemer
C'est en 1134 que le roi d'Angleterre, Henri Beauclerc aide à la fondation de la première abbaye cistercienne de Normandie. C'est seulement en 1209, après la conquête de la Normandie par Philippe-Auguste que le sanctuaire principal est dédicacé. La cinquantaine de moines (tout au plus) qui y résidaient, vivaient en totale autarcie et possédaient des terres dans la région. Mais pendant la Révolution française de 1789, l'abbaye a été vendue comme Bien National, auparavant l'abbaye avait déjà amorcé son déclin, puisqu'il n'étaient plus que quatre moines à veiller sur ce qui devenait déjà des ruines. Les révolutionnaires les pourchassèrent dans tout le domaine pour enfin les assassiner tous les quatre dans le cellier, les accusant d'être les affameurs du peuple. Au cours des années qui suivirent, l'abbaye fut vendue plusieurs fois avant l'année 1985 pendant laquelle la propriétaire actuelle y créa un musée consacré à la vie des moines.
Description
L'église (en ruine) était très vaste. Des fouilles en ont dégagé les substructions. Le chœur avait sept chapelles rayonnantes en style gothique. Par contre, l'ornementation, comme dans tout monastère cistercien, était très sobre: les chapiteaux par exemple étaient simplement décorés de feuilles d'eau. Au sud, près de la porte donnant sur le cloître, on peut voir un enfeu du XIIe siècle.
Le cloître est réduit à sa galerie nord en brique et calcaire d'époque tardive, XVIIIe siècle.
Le dortoir, situé dans la prolongement du transept sud de l'église et également ruiné, ne conserve qu'une petite salle voûtée, la sacristie et son mur ouest. La salle capitulaire se situait au même niveau que la sacristie et on note encore ses trois baies. Au-dessus se trouvait le grand dortoir, d'où le nom de l'ensemble.
Le cellier, à l'extrémité sud, était peut-être originellement une salle de travail de l'abbaye. Il est voûté en plein-cintre
Le colombier est en calcaire et a été remanié au XVIIe siècle, cependant il conserve des maçonneries du XIIe siècle. C'est un témoin du privilège droit de Colombier du clergé et de la noblesse normande dans l'ancienne coutume de Normandie.
La porterie est construite selon le mode usuel: un passage charretier et un passage piéton qui sont voûtés et reposent sur des arcades à impostes moulurées du XIIe siècle. Le frère portier était comme ailleurs le moine le plus important de l'abbaye après le père abbé.
Les bâtiments de la ferme entourent la porterie.
Le grand logis est une bâtisse du XVIIe siècle, où se trouve le musée de l'abbaye
Article détaillé : Légendes de Mortemer.
L'abbaye de Mortemer est dite hantée par Mathilde l'Emperesse surnommée la Dame Blanche, grand-mère du très célèbre Richard Coeur de Lion. Ou encore par les 4 derniers moines assassinés sous la Révolution française.
La plupart des tableaux et dessins représentant les légendes de l'abbaye (La Dame Blanche, la Garrache, ...) sont de Jacques de Larocque-Latou
Située dans une hêtraie au coeur de la forêt de Lyons, ses ruines s'élèvent dans un cadre bucolique qui invite à une promenade presque mystique tant ces lieux sont chargés d'histoire.
Construite en 1134 à la demande d'Henri 1er Beauclerc, premier Duc de Normandie, Roi d'Angleterre et quatrième fils de Guillaume le Conquérant, elle tire son nom du latin " Mortum-mare " qui signifie " Mer-morte ", en raison de l'immense marécage qui inondait la région jadis. Dès sa fondation au 12ème siècle, l'Abbaye est partagée entre plusieurs mondes. L'eau bien sûr, la terre dont elle tire sa substance, la forêt qui l'enserre de sa splendeur, et enfin le ciel, auquel elle est dédiée. Le lieu fût choisi pour son calme propice au repos et à la prière. Affiliée à l'ordre Cistercien (elle fût la première en date en Normandie), elle vivait en complète autarcie grâce aux pigeons du colombier, aux lamproies, perches et tanches des viviers, au vin et au miel produit par les moines.
Son influence et son rôle dans la région sont incontestables. Il ne reste aujourd'hui de l'église du 12ème siècle, que quelques pans. Le support du transept nord et sa rosace, le cellier et un morceau de préau.
Au 18ème siècle, l'Abbaye souffrit d'une langueur de l'esprit et de l'âme qui, petit à petit lui fit perdre de sa substance et de sa raison d'être. En 1790, il ne subsistait plus que cinq moines. Sous la Révolution, les quatre derniers furent pourchassés et massacrés dans le cellier.
Au centre de la propriété, vous pourrez visiter l'actuelle bâtisse qui fut construite à la fin du 18ème siècle et qui abrite un musée. Grâce à un système audiovisuel, vous passerez en revue les scènes de la vie des moines. Notre guide vous accompagnera dans les sous sols de l'Abbaye où vous pourrez voir les Outils, le four à pain, une cellule monacale, sans oublier la petite fontaine, détournement de la célèbre fontaine Sainte Catherine si chère aux jeunes filles désireuses de trouver un mari dans l'année...
Plusieurs pièces ont été aménagées. A l'aide d'un ingénieux système " son et lumière " permettant de mettre en scène les nombreux contes liés à l'Abbaye et à la région, vous vous laisserez entraîner dans un univers de légendes qui ravira petits et grands...
En sortant du musée, ne manquez pas d'admirer le pigeonnier du 18ème siècle à la remarquable charpente en bois de châtaignier. Il servait à nourrir les nombreux visiteurs qui étaient reçus autrefois à Mortemer. Le Père Abbé dirigeait l'Abbaye mais était également juge de paix. Il rendait la justice pour des petits larcins. En conséquence, il eut droit au bandeau de justice qui est encore visible aujourd'hui (pierres ressortant et qui font le tour du pigeonnier). La sentence rendue, le prisonnier était enfermé à l'intérieur pour y accomplir sa peine.
Dans le fond du parc, terminez votre visite en flânant le long des étangs ou de nombreux oiseaux se reproduisent en liberté, à moins que vous ne préfériez profiter du petit train rustique qui longe la pièce d'eau.
Imaginez ainsi, au coeur de la forêt de Lyons, à l'écart de toute habitation, nichée dans un vallon où coule la source Fouillebroc, les ruines d'une Abbaye... Mortemer, royaume de Dieu sur terre, mais également de Satan si l'on en croit les multiples légendes qui courent à son sujet.
La fontaine des célibataires
A l'intérieur de l'abbaye de Mortemer se trouve un lavabo du XII ème siècle où les moines se lavaient le visage, les mains et les pieds avant d'aller prendre leur repas.
Il y jaillit encore une eau aux vertus magiques: c'est la fontaine Sainte Catherine.
Des régions proches ou lointaines, les jeunes filles à marier venaient et viennent encore à la fontaine, elles y jettent une épingle à cheuveux, ou une pièce, afin de trouver un mari dans l'année.
Cette légende donna naissance à trois prières
La plus ancienne :
Catherine chère patronne
nous sommes à vos genoux
oh vous, qui êtes si bonne
ayez pitié de nous.
Oui nous osons le dire
nous voulons nous marier
et c'est vrament sans rire
que nous venons prier.
Nous voulons de l'amour
gôuter la joie profonde
et prendre à notre tour
notre place dans le monde.
La seconde, incrite sur la fontaine:
Sainte Catherine soyez bonne
Nous n'avons plus d'espoir
De nos coeurs fortement épris
Donnez nous un mari.
Quand à la troisième, elle est dite à l'intérieur de l'abbaye :
Catherine,catherinette ma mie,
il me faudrait bien me marier
Catherine,catherinette ma mie,
ne voudrais tu pas m'écouter
Catherine,catherinette ma mie,
voici mon épingle dorée
je te la donne et je t'en prie
que me vienne un beau cavalier
Légende! vous avez dit légende?
Pourtant, aujourd'hui encore, ils sont nombreux, ces gens si heureux d'avoir trouvé l'amour, qu'ils écrivent spontanément pour te remercier fontaine, jolie fontaine...
Fantômes et légendes
Mathilde Il peut y avoir autant de l'esprit d'un siècle dans une simple légende que dans les pages les plus véridiques de l'histoire. Victor Hugo, avec cette phrase issue de " la légende des siècles " ne s'y était pas trompé. Rien n'est innocent. Mortum-mare, Mer-morte, l'origine étymologique de Mortemer pèse sur ces lieux ... La forêt, milieu sauvage et inconnu où règnent les elfes et les lutins a-t-elle pris le pas sur la raison ?
Depuis plus de 80 ans, Mortemer est un lieu hanté. Simple légende, la Garrache, cette femme louve apparue en 1884 à Roger Saborreau ? Mathilde, la dame blanche, femme et rêve la fois, où bien encore, les fantômes des quatre moines massacrés sous la Révolution ? La population refuse d'y croire mais la rumeur y fait sans cesse référence. L'Abbaye fut exorcisée en 1921. Jacqueline Charpentier Caffin, actuelle gardienne des lieux affiche raison gardée...
Un guide à l'accent du Nord déclarait avoir fait visiter l'Abbaye à une jeune fille qui jeta une épingle à cheveux dans la source Sainte Catherine. L'année suivante, elle revint avec son époux rencontré grâce à ce geste.
Un autre témoin, resté seul au sein de l'Abbaye un après-midi afin de terminer un travail, entendit durant quelques secondes les pas d'une personne au rez-de chaussée. Faisant le tour des pièces, il ne vit âme qui vive. Il confia : " C'étaient les pas pesants de quelqu'un marchant lentement en réfléchissant. J'ai vraiment eu très peur, et aujourd'hui encore, je ne sais qu'en penser ".Troublant, n'est-ce pas ?
Une artiste peintre de Lisors spécialiste de l'héraldique, art des armoiries, travailla longtemps avec l'ancien propriétaire de l'Abbaye aujourd'hui décédé. Pour elle, incontestablement, Mortemer était un lieu où il se " passait des choses ".Elle décida de ne plus y retourner. Q'avait-elle vu où entendu ? Mystère...
Appartenant à l'ordre Cistercien, les moines devaient bannir tout confort. Pourtant, la chapelle située derrière le cellier était chauffée. Comment ? Nul ne peut le dire. Toujours est-il qu'en hiver, la neige à cet emplacement ne demeure pas. La végétation pousse très tôt et il s'en dégage un bien être inexplicable.
Personne ne pu jamais parvenir à entreprendre des fouilles sur le site de Mortemer. Immobilisations, décès, ont toujours contrecarré ces projets.
L'Abbaye renfermait autrefois beaucoup d'interdits. Ainsi, les noces et les banquets devaient toujours se clore à deux heures du matin. S'y aventurer une nuit de pleine lune après le 15 Août ? Personne n'y songeait.
Aujourd'hui encore, il arrive que les lignes téléphoniques se mélangent, le courant subit des baisses de tension inexplicables malgré les travaux effectués et la venue de spécialistes. D'ailleurs, l'Abbaye n'est pas le seul lieu dans la région à avoir été le fait d'évènements inexplicables.
L'Eure, avec ses brumes du petit matin, ses pluies, vit avec un passé riche en mystères. Le matérialisme et le rationalisme de notre siècle ne sont pas parvenus à bout de ce " Merveilleux ".
Le musée de Mortemer vous fera découvrir ses légendes et peut-être surprendrez-vous en flânant le long des étangs une ombre ? Un frôlement ? Les portes du surnaturel demeurent entrouvertes...



































































































































































