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Suite aux trois apparitions consécutives de l’archange Saint-Michel, l’évêque d’Avranches Aubert entreprend au début du VIIIe siècle de construire un oratoire sur le Mont Tombe.
Il n'en reste rien aujourd'hui mais il semble que ce fut un bâtiment de forme circulaire, situé sur une plate-forme sous le sommet du Mont, pouvant contenir une centaine de personnes. Un petit sanctuaire en forme de grotte, à l’imitation de celle du Mont Gargan, en Italie, ou le culte de l’archange s’etait implanté deux siècles auparavant.

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Dès le début du Xe siècle cette chapelle se révèle trop petite et de nouvelles constructions sont décidées. Une église est édifiée au sommet du Mont, composée d’une nef rectangulaire prolongée à l’est d’un chœur plus étroit, et dont l’entrée est au milieu du mur sud. De cette église, rasée lors de la construction de l’église romane, il ne reste que les fondations découvertes en 1908 et dont le tracé a été reporté sur le sol de l’église actuelle.

Découvrons le mont en commençant par le niveau inférieur

Le cellier

Cellier

Situé au rez-de-chaussé du bâtiment ouest de la Merveille, il est constitué de deux rangées de piliers cubiques qui le divisent en trois nefs de différentes largeurs. La construction est ici assez rudimentaire, puisque les voûtes d’arêtes prennent directement appui sur les piliers, sans l’intermédiaire de chapiteaux.

Les étroites fenêtres du coté Nord en font une vaste salle fraîche et obscure ou etaient entreposées les provisions. Les vivres arrivaient par la mer et etaient montées dans le Cellier au moyen d’une grande roue installée dans la travée centrale.

En 1591 s’est déroulé dans cette salle un événement tragique des guerres de Religion. Avec la complicité d’un soldat de la garnison qui se repentit au dernier moment, une centaine de soldats protestants de Montgomery furent hissés avec cette roue avant d’être massacrés. Pour cette raison, le Cellier et l’Aumônerie qui lui est accolée sont parfois surnommés les "Montgomeries ".

L'aumônerie


Aumonerie

Situé au rez-de-chaussé du bâtiment est de la Merveille, c'est une grande salle de 35 m de long, divisée en deux nefs couvertes de simples voûtes d’arêtes portées par un épi central de six colonnes rondes, surmontées de chapiteaux lisses.
D'architecture romane, l'Aumônerie ainsi qu'une partie des murs de la salle des Hôtes, sont probablement une reprise des bâtiments du monastère roman du XIe siècle rescapés de l'incendie de 1204.

Située entre la nouvelle entrée de l'Abbaye et le Cellier, cette salle est le lieu ou les moines, se conformant aux prescriptions de Saint-Benoît donnent désormais gîte et nourriture aux pauvres.

L'Aumônerie est malheureusement devenue aujourd'hui la billetterie et la boutique de l'Abbaye, ce qui empêche de l'admirer dans de bonnes conditions.

Le châtelet

Chatelet

Situé en haut de l'imposant escalier du Grand Degré Extérieur, bâti vers 1393, c'est un bâtiment étroit, encastré entre deux hautes tourelles en encorbellement et disposant de moyens de défense tels que créneaux et meurtrières.

Il protégeait l'escalier du Gouffre, percé dans ses entrailles, conduisant à la salle des Gardes, véritable entrée administrative de l'Abbaye. Malgré le rôle hautement défensif du bâtiment, les architectes n'ont pas négligé les aspects esthétiques : on peut remarquer, dans la partie inférieure des tourelles, l'emploi alterné de pierres de granit gris et blond.

 

La salle des Gardes

Autrefois appelé Porterie, car elle occupait le rez-de-chaussée du bâtiment de l'entrée de l'Abbaye (ou Porte) construit vers 1250, cette salle suit la déclivité du rocher et est donc divisée en trois travées voûtées de croisées d'ogives, de hauteurs différentes.

Elle est devenue Salle des Gardes durant la Guerre de Cent Ans, quand une ordonnance de Charles V de 1364 interdit d'aller au delà avec des armes. Protégée par de solides grilles, elle s'ouvre à gauche sur l'escalier du Grand Degré qui monte vers l'église et à droite vers l'entrée de l'Aumônerie.

Le logis abbatial

 

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Pour remplacer l'abbaye romane devenue trop petite, un immense logis est édifié sur le flan sud dès la fin du XIVe. Il s'agit d'un ensemble de bâtiments reposant sur de très hauts soubassements, construit parallèlement à l'église et séparé d'elle par l'escalier du Grand Degré enjambé par des ponts.

A partir de l'entrée, un premier bâtiment de trois niveaux est prolongé à l'ouest par la tour dite "de l'Abbé", imposante demeure de cinq niveaux soutenus par trois contreforts et quatre arcs de décharges. C'est le logis de l'abbé, appartements privés reliés à l'église par un pont de bois débouchant dans le transept sud. Suit un autre bâtiment, sans doute des cuisines, jusqu'à une autre tour, la tour Sainte-Catherine bâtie sur le modèle de la tour de l'Abbé en plus petit et abritant la chapelle Sainte-Catherine-des-Degrés.
Au XVIe siècle, on ajoute une aile à l'ouest desservie par une tourelle polygonale.

Tous ces bâtiments servaient à l'administration quotidienne de l'abbaye. Au Moyen Age, ils etaient couronnés de chemins de rondes crénelés; sous l'ancien régime, la tour de l'Abbé devint la section des détenus politiques de la prison; enfin aujourd'hui, cet ensemble est partagé entre les services administratifs du monument et la communauté monastique reconstituée en 1969.

Le Grand Degré Intérieur

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Cet escalier monumental est calé entre les fondations de l'église et les logis abbatiaux. Partant de la Salle des Gardes, et souvent gravis en procession par les pèlerins, il permet d'atteindre l'entrée de l'église abbatiale.
On le nomme Grand Degré Intérieur pour le différencier du Grand Degré Extérieur qui conduit au Châtelet, entrée actuelle de l'Abbaye

La salle de l'Aquilon


Aquilon

Cette petite salle divisée en deux nefs voûtées d'arêtes fut construite à la fin du XIe siècle par l'abbé Ranulphe (1060-1084). Située à proximité de l'entrée primitive, c'était l'aumônerie du monastère roman ou les moines accueillaient les pèlerins pauvres qui se présentaient à la porte de l'abbaye.

L'escalier montant vers le Promenoir a été ajouté au XVIIe siècle; auparavant, il n'existait pas de communication entre l'Aquilon et le Promenoir, ce dernier faisant partie de la clôture.

Son nom vient d'un vent du nord froid et violent, comme devait être cette salle à l'époque.

La Merveille est un ensemble de six salles reparties sur trois  étages, bâti entre 1204 et 1228. La construction eue lieu en deux étapes: suite à l'incendie de 1204, les bâtiments nord du monastère roman dont ils ne restaient que les murs sont  progressivement réparés. Mais à cette époque le monastère traverse une crise financière et spirituelle, et les travaux s'enlisent. C'est l'arrivée de Raoul-des-Iles (abbé de 1212 à 1228) qui relance la construction.
Le projet est ambitieux: élever un ensemble composé de trois bâtiments de trois étages chacun et regroupant toutes les fonctions du monastère. De ces trois corps, seuls les deux premiers furent achevés dans le temps record de 17 ans (de 1212 à 1228), nous allons les détailler plus loin. Le troisième bâtiment devait prolonger vers l'ouest cet ensemble avec une salle de tribunal en bas, une infirmerie au premier et un salle du chapitre en haut. Cette construction, dont les soubassements existent toujours et datent de la première moitié du XIIIe siècle, a été abandonnée en raison d'une réorganisation totale des accès au monastère.

Continuons la visite par le niveau intermédiaire


Le Scriptorium


Scriptorium

Située au deuxième étage du bâtiment ouest de la Merveille, c'est une salle divisée en quatre nefs de largeurs différentes par trois rangées de colonnes; celle du sud repose sur le rocher, les deux autres sur les piliers du Cellier.

Éclairé par de larges baies rondes placées en hauteur, équipé de deux grandes cheminées et de deux latrines, cet espace quadrillé par les colonnes etait la pièce commune des moines : en tendant des tapisseries entre les colonnes, on créait de petites stalles pour le travail, ou ils copiaient et enluminaient les manuscrits (d'où le nom de Scriptorium).

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C'était aussi une salle équipée des commodités indispensables pour affronter le difficile climat du lieu (cheminées contre le froid, latrines, accès directs au Cloître, au Réfectoire et à l'Aumônerie) d'ou parfois l'appellation de Chauffoir. Enfin, ce rôle central conduit aussi à y envisager la localisation de la Salle du Chapitre du monastère.

En ce qui concerne le nom de Salle des Chevaliers, il est discuté : pour certains, c'est en rapport avec l'Ordre des Chevaliers de Saint-Michel fondé en 1469 par Louis XI. Pour d'autre cette appellation remonte au XVIIe siècle quand la salle était ornée des noms des chevaliers défenseurs du Mont.

Le chapitre

C'est le lieu ou s'organise la vie spirituelle et temporelle de l’Abbaye. Dans la vie d’une communauté monastique, les réunions capitulaires ont toujours revêtu une importance particulière. C’est au chapitre que, chaque jour, avait lieu un office au cours duquel lecture était faite du martyrologe, de la Règle et, les dimanches, d’un bref sermon de l’abbé. C’est aussi au Chapitre que l’on recevait la profession des nouveaux frères et que ce tenait l’assemblée annuelle (à la saint Aubert) des prieurs des dépendances de l’Abbaye. Plus étonnant, selon les règles décrites dans l’Ordinaire et le Cérémonial (ouvrages qui codifient la vie des moines), c’est aussi le lieu ou la communauté prends ses repas certains jours, le réfectoire étant réservé à quelques occasions.

La Salle des Hôtes

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Située comme l'Aumônerie de l'étage juste en dessous hors de la clôture du monastère, la salle des Hôtes était une salle princière ou les moines recevaient les hôtes de marques et leurs cours.

Deux grandes cheminées dans le mur ouest constituaient la partie cuisine, separée du reste de la pièce par une tapisserie suspendue à une poutre transversale dont les supports sont encore visibles. Elle disposait aussi d'une cheminée pour le chauffage dont le conduit a disparu, de latrines dans les contreforts du mur nord et d'une petite chapelle dans le mur sud (la chapelle Sainte Madeleine). Elle était décorée de peintures, vitraux et carrelage aujourd'hui disparus.

Belle-Chaise

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Vers 1240, il est décidé d'entourer l'Abbaye et le village d'une enceinte de protection. Pour cela, il faut transferer l'entrée de l'Abbaye vers le coté est; c'est une réorganisation complète de la circulation dans l'Abbaye.

Afin d'établir la nouvelle entrée, l'abbé Richard Turstin (1237-1264) fait édifier un bâtiment de deux niveaux qui sera terminé en 1257. Située au second niveau, au-dessus de la salle des Gardes, l'imposante salle de Belle-Chaise était le tribunal de l'Abbaye.

Éclairée par de nombreuses fenêtres et chauffée par une immense cheminée, elle est aujourd'hui couverte d'une charpente lambrissée à motifs de fleurs de Lys, reconstitution de 1994.

 

Logis abbatial

 

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Pont sur l'escalier du Grand-Degré
La règle de Saint Benoît pose en principe que le père abbé doit partager la vie des moines. Mais depuis la fin du XIIe siècle, le rôle et la puissance du Mont-Saint-Michel ont transformé l'abbé en un véritable seigneur que la lourdeur de la tache contraint à mener une vie séparée. Il vit ainsi au contact de pèlerins et du monde extérieur, alors que les moines se réfugient dans la partie monacale de l'Abbaye, la clôture.

Le Grand Degré Intérieur

Voir plus haut, puisqu'il est sur deux niveaux...

La Chapelle Saint-Martin



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Construite dans la première moitié du XIe siècle pour servir de soubassement à l'église, elle soutient le bras sud du transept.

Elle est constituée d'une nef unique, inscrite dans un cube parfait, couverte d'une voûte en berceau d'une portée de 9 m. A l'est, une abside semi-circulaire supporte l'absidiole du transept de l'église.

Cette crypte etait hors de la partie réservée aux moines, et les manuscrits n'y mentionnent aucune cérémonie. Elle s'ouvrait sur l'Ossuaire et la zone funéraire ou étaient vraisemblablement inhumés les bienfaiteurs de l'Abbaye.
C'est l'un des rares endroits de l'Abbaye à nous parvenir tel qu'il fut lors de son achèvement vers 1050.

L'ancien Ossuaire

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Édifié vers 1060, il fut modifié au XIIIe siècle lors de la construction du Grand Degré Intérieur, puis au XVIe siècle. C'était le lieu ou les moines entreposaient les ossements du petit cimetière de l'Abbaye, régulièrement vidé.

C'est aujourd'hui une salle difficile à décrire, un enchevêtrement de piliers sur des voûtes de différentes hauteurs parfois entresolées, que l'on peu schématiquement présenter comme une construction à trois nefs et quatre travées orientée est-ouest.

Mais il semble qu'a l'origine, l'édification de l'ossuaire roman se soit fait sur les restes d'un bâtiment de grande taille, peut être détruit dans l'incendie de 992.
Ce bâtiment préroman aurait été un vaisseau de trois nefs et trois travées orientées nord-sud. Seule la travée ouest, entresolée au XIIIe, est encore visible aujourd'hui.

L'énorme roue présente dans la seconde travée date de 1820 et servait à monter la nourriture aux détenus de l'Abbaye devenue prison.

La Chapelle Saint-Étienne

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Construite durant la seconde moitié du XIIe siècle, c'est l'étage supérieur d'un bâtiment de deux étages dont on ignore aujourd'hui l'utilisation.

Situé à l'époque entre l'infirmerie (écroulée en 1818, et l'ancien ossuaire des moines, elle servait probablement de chapelle mortuaire.

Elle fut remaniée plusieurs fois lors des aménagements de l'Abbaye, et principalement au XIIIe siècle lors de la construction du Grand Degré Intérieur ou la charpente en bois qui la couvrait fut remplacée par d'élégantes voûtes sur croisées d'ogives.

L' appartement de Robert de Torigni

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Vue générale de l'appartement
L'abbé Robert de Torigni (1154-1186) fait agrandir vers l'ouest le parvis de l'eglise en construisant un nouveau corps de bâtiment de trois niveaux en avancée. Sous la terrasse, deux pièces aux fenêtres ouvrant sur la baie à l'ouest constituent son appartement. Au niveau inférieur, une salle qui devait servir de corps de garde pour le contrôle du porche. Encore au dessous, au plus profond des soubassements sont percés deux cachots, les "Jumeaux", dont le seul accès est une trappe aménagée dans le plafond.

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De construction austère et fonctionnelle, ces salles devaient néanmoins être décorées, à l'exemple de la Salle des Fleurs de lys qui en précède l'entrée; aménagée dans la seconde moitié du XIe siècle en entresolant une des arcades du porche roman, c'est l'une des rares salles de l'Abbaye à posséder encore sont décor peint du XIIIe siècle.

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Si elles ne brillent pas par leur richesse architecturale, il n'en est pas de même quant à leur rôle dans l'histoire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel. En effet, l'abbé Robert de Torigni est le premier à ne plus résider avec les moines mais en dehors de la clôture , ce qui officialise la transformation du rôle de l'abbé de guide spirituel en administrateur de domaine.

Notre Dame sous terre

 

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En contrebas à l’ouest, et dans l’exact alignement de l’église, une chapelle remplace l’oratoire d’Aubert. C’est la chapelle Notre-Dame-Sous-Terre, qui fut conservée pour servir de soubassement à la partie occidentale de la nef de l’église romane.
L’arrivée des Bénédictins en 966 et le développement des pèlerinages au début du XIe siècle voient naître un projet de construction d’une nouvelle église abbatiale et de nouveaux bâtiments monastiques en remplacement des édifices carolingiens. Il faut remarquer que la nouvelle église est construite dans l’alignement parfait des constructions précédentes. La découverte des reliques de Saint-Aubert encourage les dons. Richard II offre alors les îles Chausey à l’Abbaye, d’ou sera extrait le granit qui alimentera la construction.
Le projet est grandiose : construire à 80 mètres au-dessus de la mer une église en forme de croix de 80 mètres de long. Le sommet du rocher ne pouvant supporter que la croisée du transept et les deux premières travées de la nef, le reste de l'église repose sur des soubassements composés de quatre cryptes qui entourent totalement le sommet du mont. L'ensemble constitue une plate-forme à hauteur du sommet, sur laquelle va s'élever l'église abbatiale. La construction débute en 1023 par le chœur, et se fait d’est en ouest.

Le Promenoir des moines

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Plus longue que la salle de l'Aquilon qui la supporte, car on a utilisé le profil du rocher pour l'allonger de deux travées vers l'est, c'est une salle à double nef dont les voûtes retombent sur cinq colonnes médianes.

Il faut ici remarquer la très ancienne voûte sur croisées d'ogives, l'une des premières expériences de voûte gothique sur des murs encore romans. Étage intermédiaire du monastère roman construit dans la première moitié du XIe siècle, c'était à la fois le réfectoire et la salle capitulaire de l'abbaye romane.

Crypte Notre-Dame-des-Trente-Cierges.

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L’église romane

Cette crypte, qui fait partie des soubassements et soutient le bras Nord du transept, est construite sur le même principe que la chapelle Saint-Martin qui elle soutient le bras sud :
Nef carrée, abside semi-circulaire à l'est qui supporte l'absidiole du transept de l'église. Elle date elle aussi du début du XIe siècle mais a été remaniée plus tard. Plus basse que la chapelle Saint-Martin, et partagée par un arc doubleau très en sailli, elle invite au calme et à l'intimité; le rocher, laissé apparent dans le coin sud ouest évoque l'idée de grotte, de roche protectrice souvent associée à la Vierge.

Cette chapelle, inscrite dans la clôture du monastère, etait le lieu privilégié du culte de Marie et l'un des lieux majeurs de la vie spirituelle et liturgique du monastère. C'est dans cette crypte éclairée de trente candélabres que commençait la journée des moines par la messe du matin.
On peut encore y admirer, à l'intérieur de l'arc doubleau, un des rares exemples de fresques restant au Mont. Ce faux appareillage date du XIIe siècle.

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Posée sur cette plate-forme au sommet du rocher, l'église dessinée d’ouest en est s'ouvrait sous un porche. Elle se composait de sept travées flanquées de bas-coté, d'un transept saillant et d'un chœur entouré d'un déambulatoire. Elle fut commencée par le chevet et les textes indiquent que le chœur et le transept furent édifiés entre 1023 et 1058.
De cette église romane il ne reste que le plan général, le transept et la nef, celle ci ayant été raccourcie après l’incendie de 1776 pour créer la Terrasse de l'Ouest. Le chœur a été refait après l’effondrement de 1421.
La construction commença par le chœur et la crypte qui le supportait, en 1023. Il se composait d'une abside entourée d’un déambulatoire, sur le même plan que la crypte qui le soutenait. Suite à son effondrement en 1421 et sa reconstruction, on ne sait rien de la décoration et si l’on en croit la description des Très Riches Heures du Duc de Berry (miniature du XIVe), il était éclairé par de grandes fenêtres au-dessus des arcades et dans le déambulatoire.

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Très riches heures du Duc de Berry

La crypte des Gros Piliers

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Cette crypte a été élevée au milieu du XVe siècle pour soutenir le chœur gothique de l’église, reconstruit après l’effondrement du chœur roman en septembre 1421.

Cette vaste salle est bordée d'un déambulatoire sur lequel s'ouvrent six compartiments, avec en son centre dix énormes piliers cylindriques de 5 m de circonférence disposés en demi-cercle qui soutiennent les dix piliers du chœur. Au milieu de cette foret de pierre, deux colonnes jumelles plus fines soutiennent le maître autel.

Vu du sol, la disposition des ogives des voûtes qui ne reposent pas sur des chapiteaux mais pénètrent directement dans les piliers, évoque deux palmiers et leurs longues feuilles nervurées. En plus de soutenir le chœur, cette crypte qui ne fut jamais religieuse (aucun aménagement liturgique dans les compartiments rayonnants), etait un carrefour de circulation entre différentes salles de la partie est du monastère : Une porte vers la chapelle Saint-Martin, un escalier rejoignant le chœur de l'église, une porte vers le pont fortifié enjambant l'escalier du Grand Degré Intérieur pour rejoindre les logis abbatiaux, un accès vers la le second étage .

Nous finirons notre visite par le niveau supérieur

la Merveille

Située au deuxième étage du bâtiment Ouest de la Merveille, cette salle divisée en deux nefs de même largeur par une rangée de fines colonnes supportant une superbe voûte sur croisée d'ogives est baignée par la lumière des fenêtres des cotés nord et est.

Ce que l'on remarque des l'entrée c'est l'élégance de ce lieu, la finesse et l'espacement des colonnes accentuée par une multitude de lignes verticales (fenêtres fines et longues colonnettes) ajoutant à la majesté de l'endroit.

Le cloître

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Situé au troisième étage du bâtiment ouest de la Merveille, il est constitué d'une galerie couverte entourant un jardin à ciel ouvert. Les galeries, couvertes pour des raisons de légèreté par une toiture de bois, reposent à l'extérieur sur d'épais murs de granit strictement décorés (colonnes et chapiteaux à motifs végétaux) et à l'intérieur sur une double colonnade en quinconce fine et légère. Porté à l'origine par des colonnettes en calcaire lumachelle importées d'Angleterre (restaurées en poudingue de Lucerne), les arcades en calcaires de Caen sont richement sculptées d'écoinçons autrefois peints.

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La disposition des deux rangées de colonnettes, en décalage d'un demi-intervalle, supprime les ruptures dans les angles et offre une perspective sans début ni fin, presque circulaire.

Suspendu entre ciel et terre, l'effet est encore accentué par le triple baie ouverte dans le mur ouest, qui devait à l'origine s'ouvrir sur la salle du Chapitre, au sommet du troisième bâtiment de la Merveille qui ne fut jamais construit.

Comme dans tout monastère, le cloître fait parti de la clôture et est à la fois le lieu privilégié de la méditation et le centre de l'organisation des services; malgré la distribution verticale, il est en communication directe avec l'église, le réfectoire, le dortoir, la crypte Notre-Dame-des-Trente-Cierges et la salle des Chevaliers.

A propos du jardin, nous savons que diverses expériences d'établissement ont été tentées au cours des siècles mais il semble que les problèmes d'étanchéités aient toujours fait avorter ces projets. Le jardin que nous admirons aujourd'hui date de la restauration de 1965.

Ce véritable bijou, indescriptible, est signé dans un écoinçon du mur sud : Dom Garin (moine concepteur), Magister Roger et Jehan (sculpteurs laïcs) - 1228

Le réfectoire

 

 

 

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Troisième étage du bâtiment est de la Merveille, au-dessus de la salle des Hôtes, le réfectoire est une immense salle rectangulaire. L'utilisation d'une voûte en berceau lambrissé, en plus d'alléger le poids et la poussée sur les murs, a permis l'économie d'une rangée de support au centre.

Au lieu d'ouvrir de grandes baies dans les murs, le maître d'oeuvre a eu l'idée géniale de percer dans les murs nord et sud 59 étroites fenêtres qui assurent une lumière douce et uniforme sur l'ensemble de la salle. Chaque fenêtre est encadrée par un arc supporté par deux colonnes dont la perspective offre un espace fermé, symbole de la clôture , mais baigné par la lumière, la présence divine. C'est dans ce lieu que les moines prenaient les repas certains jours, en écoutant en silence le lecteur dans une chaire encadrée dans le mur sud.

A leur arrivée vers 1622, les moines Mauristes ont ajouté un entresol à cette salle pour en faire le dortoir.

La terasse de l'ouest

En 1776, un incendie ravage l'église. Les trois dernières travées et la façade romane, très endommagées, sont abattues.

Lors des restaurations on découvre les fondations de ces trois travées et des deux tours de la façade établie au XIIe siècle.
Ces dispositions ont été mises en évidence lors de la réfection de la terrasse.

 

La nef

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Telle qu'elle se présente aujourd'hui, la nef ne comprend plus que les quatre premières travées suite à l'incendie de 1776 après lequel on raccourcit l'édifice de trois travées.

Les travaux commencent dans la seconde moitié du XIe siècle, après achèvement du chœur et du transept.

La nef se divise alors en sept travées identiques, séparées par des demi-colonnes engagées dans les murs et montant d'un jet du sol au sommet du mur. Chacune d'elles est divisée en trois niveaux par des bandeaux de pierres courant le long du mur:

    * En bas, de grandes arcades donnent accès aux bas-côtés éclairés par de hautes fenêtres.
    * Au milieu, des baies jumelées séparées par une colonne ouvrent sur les tribunes.
    * En haut, les hautes fenêtres s'inscrivent chacune sous un grand arc de décharge qui reprend et souligne le mouvement vertical de la travée.

Elle est couverte d'une voûte en bois, conformément à la tradition normande.La partie nord s'effondre en 1103 et est reconstruite avec un souci évident de solidité: les colonnes sont plus larges, les murs conservent leur épaisseur de haut en bas, les doubles baies du niveau intermédiaire sont moins fines et les grands arcs de décharges ont disparus.

Le transept

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Chacun des deux bras du transept est constitué d'une nef carrée, à l'est de laquelle s'ouvre une abside, voûtée en cul-de-four.

Les voûtes, refaites au début du XXe siècle, sont établies nord-sud, perpendiculairement aux voûtes des cryptes qui les supportent .
Le bras nord à été raccourci lors de la construction de la Merveille. Le décor est assez recherché, avec les colonnettes de différentes tailles, les arcs de décharge au-dessus des fenêtres ou l'oculus dans la partie haute.

La croisée du transept, sous laquelle affleure la pointe du rocher, a été entièrement reconstruite à la fin du XIXe siècle.

Le choeur gothique

 

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Le chœur roman s'effondre en 1421, quatre siècles après son achèvement. A cause de la guerre de Cent Ans qui fait rage, la reconstruction ne débute qu'en 1446. Les travaux sont dans un premier temps menés rapidement, puisque six ans plus tard la crypte de soutient (Crypte des Gros-Pilliers), les piliers des grandes arcades et les chapelles rayonnantes sont construits. Mais le chantier sera interrompu jusqu'en 1500, ou l'on élève le chœur jusqu'à la base des fenêtres hautes. Nouvelle interruption jusqu'à achèvement en 1521, un siècle après l'effondrement. Malgré ces aléas, les plans de départ seront respectés et on admire aujourd'hui un ensemble très homogène dans le plus pur style du gothique flamboyant.

La structure d'ensemble est déterminée par la conservation du soubassement roman, qui servira de base à la l'élévation de la crypte gothique. Le plan forme une abside entourée d'un déambulatoire sur lequel s'ouvre cinq chapelles rayonnantes et deux chapelles rectangulaires .

L'élévation comporte trois niveaux : De très hautes arcades ouvrant sur le déambulatoire, au dessus la galerie du triforium éclairée par un abondant vitrage et enfin de hautes et larges fenêtres qui occupent toute la surface du mur. Le tout est couvert par une voûte d'ogive.

De fines colonnettes s'élançant su sol aux clés des voûtes, ainsi que le parfait alignement des fenêtres du triforium et des verrières, aspirent le regard vers le haut, vers la lumière, vers les cieux.

Le chevet du choeur

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Et au delà, le ciel

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Et tout au tour, la vie s'organise

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Tombelaine

 

 

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Le Couénon, qui en sa sagesse à mit le mont en Normandie.

 

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Blason du Mont

http://nanienormandie.canalblog.com/archives/2016/09/01/34265207.html

 

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