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La basilique néo-gothique, voulue par l'abbé Victor Godefroy, a été construite sur l'emplacement de l'ancienne église, devenue vétuste et trop petite, par l'architecte Jacques-Eugène Barthélémy de 1840 à 1844. Elle fut la première église de style gothique à être construite au XIXe siècle.
Les complexités administratives surgirent sans délai. Tout d'abord, le Conseil de fabrique estimait qu'un tel bouleversement n'était pas nécessaire. De plus, la vielle église était propriété communale : impossible d'y toucher, encore moins de la démolir, sans un vote favorable. Or, si le curé était pressé, les conseillers municipaux se montraient réticents. Heureusement, le préfet était favorable. Il trouva même une subtilité pour éviter de soumettre le projet à Paris: le style gothique y était en abomination et le dossier eut été refusé. Enfin, tout finit par se conclure et, le 4 mai 1840, la première pierre fut posée par le Cardinal-Prince Guillaume de Cröy, archevêque de Rouen.

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Il s'agissait de la construction du choeur puisque la vieille église demeurait provisoirement debout à l'emplacement de la nef actuelle. Le choeur à peine livré au culte le 15 août 1842, il fallait entreprendre la construction de la nef et pour celà, supprimer l'ancienne église. Après plusieurs résistances, l'année 1843 vit l'achèvement de la nef, l'édification du portail principal et de la tour. Au mois d'octobre 1844, l'abbé Hippolyte Join-Lambert procéda à la bénédiction générale.

 

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Le mobilier est très soigné. Le bois utilisé demeura, sauf quelques touches d'or, au naturel. C'est qu'un don généreux en nature avait été savamment préparé par le menuisier Leroy qui, après le débit, avait fait macérer les planches de chênes tout un hiver dans la mare communale. La chaire est particulièrement réussie. Elle fut, vers 1860, une oeuvre de longue haleine et le fruit d'une multiple collaboration: le menuisier Kreyenbield fournit le dessin et l'oeuvre a été réalisée par le statuaire Fulconis et l'ornementiste Lavoie. Elle coûta alors 35 000 francs. Un ensemble de 42 stalles, exécuté en 1858 par la maison Kreyenbield, de Paris, coûta 20 000 francs. Le maître autel, oeuvre de métal ciselé, est dû au ciseau de Fulconis, père et fils. Il fut dessiné par l'architecte Barthélémy sur les conseils du père Arthur Martin. Le tabernacle fut offert par Mgr. Louis-Marie-Edmont Blanquart de Bailleul, archevêque de Rouen.

 

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L'orgue
Aristide Cavaillé-Coll livra les 18 et 19 novembre 1857, un instrument de 25 jeux sur deux claviers et pédalier (14 au GO, 8 au Récit, Pédale en tirasse, sans jeux propres, faute de ressources). Il fut inauguré par L.J.A. Lefébure-Wély, organiste de la Madeleine à Paris, le 20 novembre 1857.
L'orgue avait une console en fenêtre, aucune machine Barker. Son buffet néo-gothique en chêne polychrome, construit sur le dessin du père Arthur Martin, comportait les basses de 5 jeux en façade, celles de la Montre 8' de la Flûte harmonique, du Salicional, de la Viole de Gambe 8'-16' dont la première octave est en 8' et celles du Prestant. Pour la façade et les basses, Cavaillé-Coll utilise des sommiers à pistons. Cet orgue fut le premier travail d'importance de Cavaillé-Coll à Rouen.
Cavaillé-Coll effectue un relevage pour 1000 francs dès 1868. En 1879, il ajoute une Pédale séparée de 4 jeux (Contrebasse 16, Basse 8, Bombarde, Trompette) pour 7 000 francs.
En 1888-89, à l'occasion d'un nouveau relevage, il procède à d'importants travaux qui font basculer l'instrument de 1857 vers l'esthétique « symphonique » telle qu'il la concevait dans sa dernière période d'activité et ce, au coût de 8 900 francs:
Il agrandit la boîte expressive pour ajouter 3 jeux au Récit par addition de flancs de chaque côté du sommier.
Il procède à une réharmonisation de l'ensemble de l'orgue en appliquant à la tuyauterie, bien que déjà munies d'entailles, de nouvelles entailles expressives à pavillon.
Il ajoute une machine pneumatique (placée sous le banc de l'organiste et dans le faux Positif dorsal) ainsi qu'un troisième clavier à la console, placé en bas, pour servir de clavier d'accouplement.
Suite à cette restauration, le 7 novembre 1889, Charles-Marie Widor, alors titulaire à l'église Saint-Sulpice de Paris, donna le concert inaugural.
En 1928, la Manufacture d'orgues Cavaillé-Coll Mutin A. Convers & Cie puis par la maison Beuchet-Debierre, de Nantes, en 1954 transforment l'orgue: la progression harmonique est modifiée en Plein-jeu de IV rangs, une Tierce est ajoutée au GO ainsi qu'un Plein-jeu de IV rangs au Récit. L'étendue des claviers passe à 56 notes et celle de la pédale à 30 notes par addition de compléments pneumatiques disposés là où la place le permettait. Lors de l'intervention de 1954, Jean Perroux avait procédé à la réharmonisation de plusieurs jeux. Marcel Dupré donne le récital d'inauguration.
En septembre 1997, l'orgue est classé « monument historique ». En 1999-2000, l'orgue est restauré par la Manufacture Jean Renaud-Menoret. L'harmonisation est faite par la Manufacture d'orgue Lacorre et Robert. Le programme des travaux, défini par la Commission supérieure des monuments historiques, a consisté en un retour à l'orgue Cavaillé-Coll de 1889, en maintenant toutefois l'étendue des claviers à 56 notes et celle de la Pédale à 30 notes, ce qui fut réalisé en intégrant les notes supplémentaires dans les sommiers (par gravures intercalées).

 

ND Bonsecours

 

Le Monument commémoratif  de Bonsecours est dédié à Jeanne d’Arc. Il est de style Première Renaissance et se dresse en face du portail de la basilique de Bonsecours. Le Monument est érigé sur une terrasse dallée en granit de Vire et il surmonte la vallée rouennaise de la Seine. La terrasse accueille quatre moutons (œuvre de Gardet) qui semblent veiller sur leur bergère.
L’édicule central est constitué de piliers qui soutiennent une coupole et d’un campanile de plomb et de cuivre doré (œuvre du ferronnier d’art Ferdinand Marrou). La coupole à lanternon est surmontée d’un Saint-Michel terrassant le Dragon en bronze doré réalisé par Thomas. Sous la coupole, on peut lire les noms des principales villes qui ont marqué la vie de Jeanne d’Arc : Domrémy, Orléans, Reims, Paris, Compiègne et Rouen. Au cœur de l’édicule trône la statue à l’effigie de la sainte (la statue est  aujourd’hui double : l'original est à l'abri dans la basilique et remplacé sur le monument par une copie) réalisé par le sculpteur Louis Ernest Barrias. On peut lire sur le socle où se trouve la sainte une inscription en creux : VIVE LABEUR (faussement attribuée à l’époque comme étant la devise de Jeanne d’Arc). Les deux pavillons latéraux, donnant de l’ampleur au Monument, abritent au sud la statue de sainte Marguerite (par Pépin) et au nord celle de sainte Catherine (par Robert Verlet). Le soubassement du monument est orné d’un rameau sculpté. Le corps du Monument renferme une chapelle dédiée à Notre Dame des Armées. Cette chapelle également de style Renaissance est aménagée sobrement. Sur les murs sont apposées des plaques de marbre sur lesquelles sont inscrits les noms des donateurs du bâtiment. Un autel simple occupe le fond de l’abside et la crypte reste une curiosité puisque qu’aucune affectation ne lui est donnée.
L’édifice de style première Renaissance est très vaste et s’intègre parfaitement au site qui l’accueille, le monument s’ouvre de toutes parts sur l’espace environnant. La conception de l’édifice s’organise autour du corps érigé, central et culminant de la sainte. La terrasse du monument offre une vue sur le ciel et surplombe les lieux rouennais de l’épopée johannique, comme le donjon du château de Philippe Auguste où elle fut enfermée, la place du Vieux marché avec l’emplacement du bûcher et la Seine où l’on jeta ces cendres. Le portrait sculpté en pied représente Jeanne prisonnière, en armure, les mains jointes et les poignets attachés. Le corps de la sainte relève de la symbolique de la force (corps en armure, tension des mains en prière). Le visage reste impassible, les yeux blanc et vides renvoient à l'autre monde et identifient Jeanne à une sainte. Le portrait sculpté de la sainte ne renvoie pas à une recherche de vérité historique (le 23 mai 1430 : Jeanne d'Arc est faite prisonnière à Compiègne, vendue aux Anglais et transférée à Rouen), il incarne les valeurs morales fondatrices de sa légende (foi et combativité). La statue de Jeanne d’Arc est colossale, elle se dresse à l’intérieur de l’édicule central sur un socle de 2 mètres, mais son articulation dans le rythme des proportions de l’édifice reste harmonieuse. Le monument s ‘organise autour d’un respect des proportions, de la symétrie et de la régularité, la colonne ainsi que le dôme sont convoquées afin de structurer le monument autour du corps de la sainte. Les deux pavillons latéraux accueillent respectivement sainte Catherine et sainte Marguerite, que Dieu donna à Jeanne d’Arc comme conseillères et comme soutien par l’intermédiaire de l’Archange Saint Michel (Archange protecteur de la France). Les corps des deux saintes et de l’Archange jouent comme les pendants symboliques de la sainte. L’édifice fluidifie les parcours et les associations autour de la figure de Jeanne d’Arc. Le corps même du Monument renferme une chapelle dédiée à Notre Dame des Armées et utilisée comme une métaphore architecturale de l’assise spirituelle et religieuse du monument.

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